Philippe de Villiers, le combattant de la mémoire

Il est rare d’assister à la naissance d’un livre. Philippe de Villiers dit que celui-ci, son dernier-né, a commencé sa gestation après l’assassinat de Thomas à Crépol. Gageons néanmoins que son titre, Mémoricide, et son épine dorsale, le récit de la dépossession d’un peuple de sa mémoire et de ses grandeurs, sont venus au monde le 26 juillet dernier, autour de 20 heures.

Le JDNews y était, ou presque. Ce soir-là, la planète assiste en direct à la déconstruction des fiertés françaises, dans un spectacle en mondovision déjouant les « stéréotypes nationaux » et souhaitant « prôner le métissage planétaire [avec] optimisme », le « contraire d’une histoire virile, héroïsée », selon les mots de Patrick Boucheron, co-auteur de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.

Devant son poste, en Vendée, Villiers éructe. Comme souvent lorsque ses tempes rougissent, il téléphone. À Michel Onfray, qui partage son écœurement. À Pascal Praud, qui partage sa honte. À la rédaction du JDNews, donc, en partie amassée dans un bureau devant l’écran, incrédule.

Une fois, deux fois, trois fois Villiers téléphone, s’agace, se lamente dans le haut-parleur. On l’invite à écrire au plus vite. Il pond dans la nuit d’une plume fiévreuse un texte qui fera date, pour le JDD, dicté d’une voix encore tremblante de colère à un jeune collègue. 

La suite, c’est un été passé à peindre la fresque d’une gigantesque déchéance nationale. Dans la veine de son best-seller Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (250 000 exemplaires vendus en 2015), le fondateur du Puy du Fou mêle la grande histoire, tragique, à sa vie. On le retrouve témoin de ces moments charnières, il croise les acteurs, voit les bascules, se bat, gagne, échoue, remonte en selle. L’homme aux quatre vies – l’entrepreneur culturel avec le Puy du Fou, le gouverneur local avec le conseil général de Vendée, le lanceur d’alerte avec ses campagnes présidentielles et ses référendums perdus (Maastricht) ou gagnés (2005), et l’écrivain aux dizaines d’ouvrages – tisse les liens d’un piège invraisemblable dans lequel certains ont sciemment jeté la France et dans lequel d’autres, par naïveté, esprit de paresse ou lâcheté, l’ont laissé tomber.

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L’homme aux quatre vies tisse les liens d’un piège invraisemblable dans lequel certains ont sciemment jeté la France

À chaque fois qu’il achève d’écrire, Philippe de Villiers dit à ses amis qui s’en amusent : « C’est mon meilleur livre. » Cette-fois ci, aucune envie d’en rire. Ce texte, écrit, dit-il, d’une « plume de feu », dont nous dirons qu’il est aussi venu des tripes, restera. Ni un testament, ni un témoignage, il ressemble plutôt à un samizdat, ces textes souvent manuscrits que les dissidents du régime soviétique se transmettaient clandestinement. Un livre de rage, de peine et d’espoir, écrit parce que la France peut renaître, parce qu’elle va renaître. Il conclut souvent nos discussions ainsi : « Tout est perdu, tout est sauf. »

Mémoricide, Philippe de Villiers, Fayard, 384 pages, 21,90 euros.

Mémoricide, Philippe de Villiers, Fayard, 384 pages, 21,90 euros. © Fayard

Mémoricide, Philippe de Villiers, Fayard, 384 pages, 21,90 euros.

Cet article a été prélevé d’internet par la rédaction de acvg-chalons.fr pour la bonne raison que ce dernier figurait dans les colonnes d’un blog dédié au thème « Ancien Combattants de Chalons-en-Champagne ». Cette chronique a été générée de la manière la plus complète que possible. Pour émettre des observations sur ce dossier autour du sujet « Ancien Combattants de Chalons-en-Champagne », merci de contacter les contacts indiqués sur notre site web. acvg-chalons.fr est une plateforme numérique qui compile de nombreux posts publiés sur le web dont la thématique principale est « Ancien Combattants de Chalons-en-Champagne ». En visitant de manière régulière nos pages de blog vous serez informé des futures annonces.